L’héritage selon Goethe

Le poète allemand Johann Wolfgang von Goethe écrit dans Faust une phrase d’une étonnante exigence :

« Ce que tu as hérité de tes pères, acquiers-le afin de le posséder. »

Nous pensons souvent que l’héritage est ce que nous recevons.

Un nom.
Une langue.
Une culture.
Une histoire.

Mais pour Goethe, hériter ne suffit pas.

Ce qui est transmis ne devient pas immédiatement nôtre.

Il ne devient véritablement nôtre qu’à une condition : le reconquérir.

Car un héritage que l’on ne travaille pas reste une simple possession.

Un héritage que l’on interroge, transforme et réinvente devient une puissance vivante.

Chaque génération reçoit ainsi quelque chose qu’elle n’a pas choisi.

Mais elle doit décider ce qu’elle en fera.

Le répéter.
Le refuser.
Ou le transformer.

Cette idée vaut aussi pour les entreprises.

Une entreprise transmise n’est jamais simplement un actif économique.

Elle est faite d’une histoire, d’une culture, de décisions passées, parfois même d’une vision qui a précédé ceux qui en prennent aujourd’hui la responsabilité.

La transmission ne consiste donc pas seulement à recevoir une organisation.

Elle consiste à se rendre capable de la porter.

Car ce qui est transmis ne devient véritablement un héritage qu’au moment où celui qui le reçoit est capable de en faire quelque chose de nouveau.

C’est peut-être là le véritable enjeu de toute transmission :

Faire en sorte que ce qui a été construit avant nous puisse continuer à vivre autrement.

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